Elon Musk a fixé une date pour révéler les plans de TeraFab, son projet d'usine de semi-conducteurs capable de produire 100 à 200 milliards de puces par an. Une annonce attendue dans sept jours, sur fond de pénurie qui pèse directement sur Tesla.

On l'a connu plus prolixe. Un tweet, une date, sept jours. Elon Musk a confirmé cette semaine que les détails de TeraFab seraient rendus publics très prochainement. Le PDG de Tesla parle depuis plusieurs mois de ce projet d'usine géante, pensé pour produire des centaines de milliards de puces annuellement et réduire la dépendance des États-Unis envers TSMC. La demande liée à l'IA a allongé les délais de production à des niveaux inédits, et Tesla en subit directement les effets sur ses ambitions de puces personnalisées. Beaucoup d'experts ont qualifié les idées d'Elon Musk d'extravagantes sur ce terrain, en soulignant à quel point entrer sur le marché des semi-conducteurs est difficile. Le patron de Tesla, lui, n'a pas l'intention de changer de cap.
Sans salle blanche, une autre définition de « fab »
Sans salle blanche, TeraFab vise forcément un autre segment, comme le packaging avancé, la mémoire ou l' intégration de composants. Tesla n'a pas besoin de gravure ultrafine pour toute son électronique embarquée, et une partie significative de ses besoins pourrait être couverte par des process moins complexes. Voilà qui change considérablement la nature du projet. Si TeraFab se concentre sur ce segment, l'échelle annoncée devient plus réaliste, mais le projet s'éloigne aussi de l'image d'une fab capable de rivaliser frontalement avec TSMC sur les puces les plus avancées. C'est précisément ce flou que les annonces de la semaine prochaine devront dissiper.
Nous n'en saurons pas plus, car là encore, son annonce sur X.com que vous pouvez lire ci-dessus n'en parle pas, elle dit simplement : « Lancement du projet Terafab dans 7 jours ».
Lors de prises de parole antérieures, Elon Musk a précisé que TeraFab ne comporterait pas de salle blanche. Pour qui ne connaît pas l'industrie des semi-conducteurs, une salle blanche est un environnement hermétiquement contrôlé, où la moindre particule de poussière peut ruiner des milliers de puces en cours de fabrication. La température, l'humidité et la pression y sont régulées en permanence, et les techniciens travaillent en combinaisons intégrales. Construire et maintenir ces espaces coûte des centaines de millions d'euros, parfois davantage. Pour produire des puces logiques en nodes avancés, 2 ou 3 nm, c'est pourtant incontournable.

Financer des lignes plutôt que construire une usine
Comme souvent lorsqu'on n'a pas de réponse à ses questions, la rumeur surgit. Tesla apporterait des capitaux à Intel Foundry ou à TSMC pour financer des lignes de production dédiées, plutôt que de bâtir sa propre infrastructure de zéro. TSMC a déjà signalé publiquement sa disponibilité pour réserver des capacités futures à des clients stratégiques. Intel, qui traverse une période difficile sur son activité de fonderie, aurait aussi des raisons sérieuses d'accueillir un tel accord.
Pour Tesla, ce montage permettrait de sécuriser un approvisionnement garanti sans engager dix à quinze ans de montée en compétence industrielle. Elon Musk a lui-même évoqué cette piste dans des échanges publics récents, en citant explicitement Intel Foundry comme partenaire potentiel. Deux entreprises américaines, une supply chain sécurisée sur le sol national, un argument géopolitique prêt à l'emploi juste quand Washington pousse activement à la réindustrialisation du secteur.
Car c'est bien là que le projet TeraFab prend une dimension plus large que Tesla. Nvidia, AMD, et d'autres géants américains des puces fabriquent l'intégralité de leur production à l'étranger, principalement à Taïwan. Une tension géopolitique majeure dans le détroit suffirait à paralyser une bonne partie de l'industrie technologique américaine.
Le dénouement est pour bientôt.
Source : WCCFTech